Devri

Devri : Le dictionnaire diachronique du breton

Le site devri a été ouvert par Martial Menard au printemps 2016. Il propose actuellement le dictionnaire diachronique du breton.

Ce dictionnaire est construit sur le mode d’un dictionnaire historique : toutes les occurrences sont présentées par ordre d’apparition historique, en en respectant l’orthographe d’origine. On donne ainsi l’année, puis l’abréviation de la référence, puis la pagination ou encore le numéro du vers. Parfois l’occurrence est donnée avec une traduction complète du segment présenté, soit une traduction donnée par les éditions consultées soit une traduction donnée par les collaborateurs de Devri (elle est alors notée : tr. Devri) corrigeant ou complétant les traductions éditées. Le mot identifié est toujours en caractères gras. Le passage du curseur sur l’abréviation ouvre une petite fenêtre qui donne la description complète de l’ouvrage dont est tiré l’exemple.

Outre ce classement par dates, celles-ci sont regroupées par périodes linguistiques (voir l’onglet : histoire de la langue bretonne) :

  • 1100-1650 : période du moyen-breton, l’abréviation est alors d’une lettre capitale
  • 1651-1799 : période du breton prémoderne, l’abréviation est alors de deux lettres capitales
  • 1800-1899 : période du XIXe siècle, l’abréviation est alors de trois lettres capitales
  • 1900-1999 : période du XXe siècle, l’abréviation est alors de quatre lettres capitales
  • depuis 2000 : période du XXIe siècle, l’abréviation est alors de cinq lettres capitales

 

Chaque article est subdivisé de manière à proposer les différents emplois grammaticaux du terme et chaque emploi est illustré d’exemples au sens propre, suivi du ou des sens étendus et figurés. Les exemples sont toujours donnés du plus ancien au plus récent. Les sens ont donc été groupés et les expressions et proverbes sont renvoyés en fin d’article.

Le dictionnaire contient aujourd’hui environ 62744 entrées, dont certaines sont très courtes, illustrées par un seul ou unique exemple. D’autres sont très longues et peuvent couvrir plusieurs pages. L’histoire de chaque mot commande. La taille d’un article ne représente pas forcément la réalité d’usage d’un terme, il représente surtout sa place dans le corpus. Certains mots ne sont plus en usage aujourd’hui : on ne trouvera donc que des occurrences anciennes (en moyen-breton essentiellement). On pourra être étonné du nombre de mots d’origine romane ou française : ils appartiennent à l’histoire de la langue, certains ont perduré, d’autres ont eu une vie assez brève (notamment à l’époque du moyen-breton où la poésie était grande consommatrice de mots chevilles ; voir l’onglet : histoire de la langue bretonne).

Ce dictionnaire, par définition, n’est pas terminé. Il est donc mis à jour régulièrement. De nouvelles catégories de termes seront prises en compte dans un futur proche : les néologismes, les occurrences orales. En ce qui concerne la période du vieux-breton (vbr, avant 1100), seuls quelques termes apparaissent aujourd’hui. L’ensemble de ce corpus sera pris en compte dans un futur proche.
A l’onglet contact il y a une adresse mail que les utilisateurs du Dictionnaire peuvent contacter : soit pour signaler des erreurs, des coquilles, soit pour signaler des occurrences non prises encore en compte.

Martial Menard (1951-2016) et la lexicographie bretonne moderne

Martial Menard, originaire de Haute-Bretagne, a été l’un des meilleurs connaisseurs de la langue bretonne et toute sa vie a été jalonnée par la production de dictionnaires, guides ou précis concernant la langue bretonne.

Dans le cadre de la maison d’édition An Here, dont il était le directeur, il codirigea avec Iwan Kadored la deuxième édition revue et augmentée du premier dictionnaire breton monolingue (2001). Ce dictionnaire, inédit alors pour une langue dite régionale, contient environ 21 300 entrées, toutes illustrées par des exemples et des expressions donnant l’image d’une langue bretonne bien à sa place dans le monde moderne. Ce dictionnaire, outre les parrainages scientifiques d’universitaires et de divers savants, avait été soutenu financièrement par la Région Bretagne et les départements du Finistère, du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine, par l’Institut Culturel de Bretagne et par la Commission Européenne. Ces financements avaient permis alors de maintenir une équipe permanente travaillant sur ce projet.

 

Par ailleurs, depuis ses débuts de lexicographe, amateur éclairé dans les années 80 puis spécialiste reconnu, Martial Menard avait amassé un corpus important pour alimenter un dictionnaire historique de la langue. Ce travail il l’avait construit sur le modèle du Dictionnaire Historique de la Langue Bretonne composé par Roparz Hemon (publié par les éditions Preder entre 1976 et 1998). Sa première idée était de complèter et de réviser le travail de Roparz Hemon. Mais son corpus prenant une importance qu’il n’aurait pas soupçonné il y a plusieurs années, il prit la décision de publier son propre travail intitulé Dictionnaire Diachronique du Breton. Une version papier avait été envisagée, mais le temps et la maladie lui ont imposé de publier une version en ligne sur le site Devri, qu’il créa à cet effet, sans aucune aide financière.