Devri

Devri : Le dictionnaire diachronique du breton

Le site Devri a été initié par Martial Menard au printemps 2016. Il propose actuellement le dictionnaire diachronique et étymologique du breton. Ce travail est poursuivi depuis septembre 2016 sous la direction de Herve Le Bihan.

Le dictionnaire est construit sur le mode d’un dictionnaire historique : toutes les occurrences sont présentées par ordre d’apparition chronologique, en en respectant l’orthographe d’origine. On donne ainsi l’année, puis l’abréviation de la référence, puis la pagination ou encore le numéro du vers. Parfois l’occurrence est donnée avec une traduction du segment présenté, que ce soit une traduction donnée par les éditions disponibles ou que ce soit une traduction donnée par les collaborateurs du dictionnaire (elle est alors notée : tr. Devri), corrigeant, complétant ou renouvelant les traductions des différentes éditions (ceci est particulièrement vrai pour le moyen-breton). Le mot identifié est toujours en caractère gras. Le passage du curseur sur l’abréviation ouvre une petite fenêtre qui donne la description complète de l’ouvrage (livre, revue, manuscrit…) dont est tirée l’occurrence. La liste complète de ces ouvrages se trouve à l’onglet Corpus.

Outre ce classement par dates, les ouvrages sont regroupés par périodes linguistiques (voir l’onglet : histoire de la langue bretonne, onglet en cours de rédaction) :

  • avant 1100 : période du vieux-breton, l’abréviation est le plus souvent celle qui fait référence aux manuscrits (année ou siècle + MSvbr + folio ou autre repère).

  • 1100-1449 : période du moyen-breton primitif, l’abréviation est d’une lettre capitale.

  • 1450-1559 : période du moyen-breton classique, l’abréviation est d’une lettre capitale.

  • 1600-1650 : période du breton tardif (post-classique), l’abréviation est d’une lettre capitale.

  • 1651-1799 : période du breton prémoderne, l’abréviation est de deux lettres capitales.

  • 1800-1899 : période du breton moderne I (XIXe siècle) – période qui pourrait être prolongée jusqu’à 1914 –, l’abréviation est de trois lettres capitales.

  • 1900-1999 : période du breton moderne II (XXe siècle, notamment après 1914), l’abréviation est de quatre lettres capitales.

  • depuis 2000 : période du breton moderne III (XXIe siècle), l’abréviation est de cinq lettres.

Chaque notice est subdivisée de manière à proposer les différents emplois grammaticaux de chaque entrée et chaque emploi est illustré d’exemples au sens propre, suivi du ou des sens étendus ou figurés. Les exemples sont toujours donnés du plus ancien au plus récent. Les sens sont donc groupés et les expressions et proverbes sont renvoyés en fin de notice.

Le dictionnaire compte aujourd’hui 65801 entrées, alors qu’en septembre 2016 il en comptait 60248. Certaines entrées ne sont illustrées que par un seul et unique exemple. D’autres sont très longues et peuvent couvrir plusieurs pages. L’histoire écrite de chaque mot commande. Le volume d’une notice ne représente pas nécessairement la réalité d’usage du terme, il indique surtout sa place dans le corpus. Certains mots ont disparu de l’usage aujourd’hui : on ne trouvera donc que des occurrences anciennes (vieux-breton, moyen-breton, breton prémoderne). Le poids des mots romans ou français dans le corpus peut étonner : ils appartiennent à l’histoire de la langue bretonne. Certains ont perduré, d’autres ont eu une vie très brève (notamment à l’époque du moyen-breton où la poésie – complexe – était consommatrice de mots chevilles ; voir l’onglet Histoire de la langue bretonne).

Ce dictionnaire, par nature, n’est pas terminé, il est donc mis à jour et augmenté régulièrement. De nouvelles catégories de termes sont prises en compte : d’une part les néologismes, et d’autre part les occurrences orales.

De nouvelles entrées concernant les toponymes, oronymes et hydronymes ont été intégrées (à partir du corpus créé par Herve Le Bihan).

Enfin, les notices étymologiques commencent à être intégrées au dictionnaire. Elles sont toutes rédigées par Herve Le Bihan.

 

En pied de page figure une adresse mail à laquelle les utilisateurs du site peuvent écrire : soit pour signaler des erreurs, des coquilles, soit pour signaler des occurrences non prises en compte.

Devri fonctionne de manière bénévole, sans aucune subvention. Cependant, Devri bénéficie des moyens logistiques de Kuzul ar Brezhoneg, ce qui permet de pérenniser le dictionnaire.

Devri (mise à jour février 2019)

 

Martial Menard (1951-2016) et la lexicographie bretonne moderne

Martial Menard, originaire de Haute-Bretagne, a été l’un des meilleurs connaisseurs de la langue bretonne et toute sa vie a été jalonnée par la production de dictionnaires, guides ou précis concernant la langue bretonne.

Dans le cadre de la maison d’édition An Here, dont il était le directeur, il codirigea avec Iwan Kadored la deuxième édition revue et augmentée du premier dictionnaire breton monolingue (2001). Ce dictionnaire, inédit alors pour une langue dite régionale, contient environ 21 300 entrées, toutes illustrées par des exemples et des expressions donnant l’image d’une langue bretonne bien à sa place dans le monde moderne. Ce dictionnaire, outre les parrainages scientifiques d’universitaires et de divers savants, avait été soutenu financièrement par la Région Bretagne et les départements du Finistère, du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine, par l’Institut Culturel de Bretagne et par la Commission Européenne. Ces financements avaient permis alors de maintenir une équipe permanente travaillant sur ce projet.

Par ailleurs, depuis ses débuts de lexicographe, amateur éclairé dans les années 80 puis spécialiste reconnu, Martial Menard avait amassé un corpus important pour alimenter un dictionnaire historique de la langue. Ce travail il l’avait construit sur le modèle du Dictionnaire Historique de la Langue Bretonne composé par Roparz Hemon (publié par les éditions Preder entre 1976 et 1998). Sa première idée était de compléter et de réviser le travail de Roparz Hemon. Mais son corpus prenant une importance qu’il n’aurait pas soupçonnée il y a plusieurs années, il prit la décision de publier son propre travail intitulé Dictionnaire Diachronique du Breton. Une version papier avait été envisagée, mais le temps et la maladie lui ont imposé de publier une version en ligne sur le site Devri, qu’il créa à cet effet, sans aucune aide financière.

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